Histoire

L’histoire d’Al-Kafaàt commence au village de Salima en 1957 lorsqu’un jeune Nadeem Shwayri, issu de famille aisée et qui venait juste d’obtenir son MBA de l’université américaine, décide de consacrer sa fortune personnelle pour aider les personnes désavantagées. Il décide alors en 1957 d’établir au cœur d’un couvent qui appartient à la Congrégation Notre Dame des Apôtres à Salima, une école primaire ainsi qu’une école hôtelière aux filles les plus démunies socialement du village.

Un matin durant la même année, Nadeem est confronté à une rude réalité : une fille quadriplégique demande à intégrer l’école à Salima. Il n’avait jamais encore vu une personne handicapée. Il réalisa alors l’ampleur de la situation déplorable au Liban, avec le manque de soins et services, ainsi que le manque d’appareillages convenables à la jeune fille.

La situation l’a outragée fortement.

Ne désirant pas résoudre simplement la situation de la jeune fille en question, il décida de créer sa propre révolution et combattre la situation sociale à sa façon.

Il eut une idée entreprenante et unique. Avec trois employés, il ouvre durant la même année un petit atelier de production de cuir dans un quartier très humble à Beyrouth (Karm el Zaytoun). Il trouve un marché international pour ses produits, et avec les rentrées, il décide de mettre en place un atelier de production de prothèses et orthèses aux personnes handicapées. L’atelier n’avait rien de particulier, sauf qu’il n’employait que des adultes handicapés.

Son concept était simple: Nadeem a voulu prouver à la société l’importance de « l’autofinancement ». C’est une approche cruciale pour les pays du tiers monde. Dans ces pays qui manquent d’infrastructure et de capital social approprié, Nadeem voulait montrer à travers son projet les bénéfices du concept de la réhabilitation par l’emploi.

Ce qui a alors été considéré par beaucoup comme une folie, fut rapidement reconnu comme projet pionnier.

En bon businessman, Nadeem a trouvé les meilleurs marchés européens et américains pour ses produits. Les produits eurent alors un succès international, et les demandes d’embauche commencèrent à dépasser sa capacité d’accueil dans ses petits locaux à Achrafieh.

Durant cette même période, Nadeem épousa Lily Stéphan. Comme lui, elle décidât de mettre sa fortune personnelle au profit des plus démunis. Ensemble ils institutionnalisent Al-Kafaàt et mettent en place le premier Conseil. Al-Kafaàt devient un Fondation reconnue d’Utilité Publique.

Nadeem alors prit la décision de développer sa Mission et construire le premier centre pilote de la Fondation pour abriter l’atelier de production de cuir qui accueillait déjà 170 ouvriers, ainsi qu’une école académique qui intègre des enfants qui accusent d’handicaps – et que Nadeem avait déjà lancée dans un petit appartement à Baabda -, et l’unité de production de prothèses-orthèses et de réhabilitation qui existait déjà à Achrafieh.

Le Centre Lily Shwayri fut alors construit en 1971. Le jour de l’inauguration officielle du centre, les trois premiers ouvriers qui avaient rejoint Nadeem en 1957 reçurent la décoration accordée par le Président de la République Libanaise à Al-Kafaàt : l’Ordre des Cèdres.

Ce fut un moment historique pour le Liban et Al-Kafaàt. La Fondation a alors prouvé que derrière tout « handicap » existait « un potentiel ». Al-Kafaàt démontra que toute personne, quelles que soient ses difficultés et défis, elle pouvait être productive et contribuer à sa façon au développement économique de la société, si elle était intégrée dans une structure adaptée et convenable.

Nous sommes des Potentiels, et non des Handicaps devint alors le motto de la Fondation. Al-Kafaàt signifie “Potentiels” en arabe.

Graduellement Al-Kafaàt se développa et de nouveaux services vinrent s’ajouter au premier centre pour répondre aux demandes croissantes pour une réhabilitation réussie, surtout durant la guerre sur le Liban.

Aujourd’hui et plus de 60 ans après les débuts modestes de l’atelier de cuir, la Fondation offre plus de 14 programmes et services dans 7 centres et campus différents, à plus de 4,000 bénéficiaires journaliers, et ceci avec une équipe de plus de 850 employés. Ces services comprennent la réhabilitation, l’éducation spécialisée, les soins médicaux et paramédicaux aux personnes atteintes de déficiences mentales et physiques, mais aussi l’enseignement académique, technique, hôtelier, et universitaire, aux jeunes du Liban.

Al-Kafaàt aura permis la réhabilitation et l’accès à l’éducation à plus de 30,000 personnes au Liban, et ceci depuis 1957.